6 – Les risques, et comment les réduire ?

« Dans la vie réelle, le risque c’est quelque chose de simple, c’est la possibilité de ne jamais revoir votre argent. »

Charles Gaves (économiste)

Le risque principal est celui de perdre une partie ou la totalité de votre argent, l’industrie financière classe les différents produits financiers en 2 catégories :

  • Les produits sans risque de perte en capital. C’est à dire que la valeur en monnaie courante de votre placement ne pourra pas baisser.
  • Les produits risqués. C’est à dire que la valeur en monnaie courante de votre placement variera en fonction de l’équilibre entre l’offre et la demande.

Valeur facials et valeur réelle

Quand vous aurez appris à faire la différence entre la valeur faciale d’un actif (qui ne tient pas compte de l’inflation), et la valeur réelle d’un actif (qui tient compte de l’inflation), vous comprendrez qu’en réalité, tous les actifs, y compris les produits dits « sans risque de perte en capital » comportent des risques.

Si vous placez votre argent dans un produits dit « sans risque de perte de en capital » mais que ce produit vous donne un rendement inférieur au taux d’inflation, vous n’avez pas une perte en capital (valeur faciale), mais vous avez bien une perte de pouvoir d’achat (valeur réelle).

La vraie définition du risque associé à un investissement ou un produit financier est en fait le risque de perte de pouvoir d’achat du capital placé, à l’issue de la période d’investissement, qu’elle soit de 6 mois, 1 ans, ou 20 ans.

Les 3 types de risques

Il existe 3 types de risques :

  • Les risques systématiques : Ce sont les risques qui touchent toutes les classes d’actifs.
  • Les risques extrinsèques : Ce sont les risques qui ne sont pas liés directement à votre investissement.
  • Les risques spécifiques : Ce sont les risques spécifiques à une classe d’actifs.

Les risques systématiques

Risque de change :

C’est le risque de voir la valeur de vos investissements baisser à cause de la baisse de la valeur de la monnaie sur laquelle vous êtes investis. Certains placements peuvent être libellés en monnaies étrangères, par exemple, si vous investissez avec des dollars US dans un investissement qui libellé en Yen, les fluctuations des valeurs entre le dollar US et Yen auront un impact à la hausse (des gains) ou à la baisse (des pertes) sur le rendement de votre investissement.

Risque de liquidité :

C’est le risque de ne pas pouvoir vendre (ou acheter) un actif à cause d’un volume de transactions trop faible, peu ou pas d’acheteurs (ou de vendeurs). C’est ce qu’on appelle un manque de liquidité.

Risque d’inflation :

C’est le risque de voir votre patrimoine et votre pouvoir d’achat érodé par l’inflation. L’inflation est un ennemi sournois pour l’investisseur, si le rendement de vos investissements est positif mais inférieur au niveau de l’inflation, vous perdez de l’argent sans vous en rendre compte. L’inflation fait baisser le pouvoir d’achat, avec la même quantité d’argent vous pouvez acheter de moins en moins de biens et de services.

Risque opérationnel :

C’est le risque de pertes provenant d’une défaillance ou d’une inadaptation de processus ou systèmes internes, de procédures, de ressources humaines et matériels.

Les risques extrinsèques :

Les risques spécifiques :

Risque de contrepartie :

Un conseiller financier qui sera tenté de proposer un placement plutôt qu’un autre, parce qu’il gagne plus d’argent avec celui-là, alors que ce placement n’est pas la meilleure solution pour le client, c’est un exemple de risque de contrepartie.

Le Risque de contrepartie peut-être aussi le risque que le prestataire avec lequel vous avez conclu votre investissement ne puisse pas honorer ses engagements avant que la transaction soit finalisée.

Risque gouvernemental :

C’est le risque de voir la règlementation changer (en votre défaveur) dans le pays.

Risque juridique :

C’est le risque d’une remise en cause des droits du propriétaire de l’investissement par les autorités publiques. ce risque est présent dans les pays qui connaissent des instabilités importantes.

Risque institutionnel :

ce sont les gestionnaires de fonds incompétents ou malhonnêtes, les faillites, les fraudes, et les vols d’identité.

il y a bien sûr des lois et des règlementations pour protéger les épargnants et les investisseurs, mais ces mesures de protection ont leurs limites. Votre argent peut être bloqué le temps que les organismes de règlementation et/ou les tribunaux remettent les choses en ordre.

Risque d’être humain :

Ce sont les travers du comportement humain et leur conséquence sur les investissements.

Comment réduire les risques ?

La diversification :

Diversifier c’est multiplier les classes d’actifs, mais aussi multiplier les actifs dans une même classe d’actifs pour réduire l’exposition de votre patrimoine aux risques spécifiques de chaque classe d’actifs.

  • La diversification par secteur : Investir sur un seul secteur revient à faire un pari, c’est risqué, investissez dans au moins 3 secteurs différents.
  • La diversification géographique : Diversifier à l’international permet de profiter de la croissance des autres pays, et de réduire le risque politique.
  • LA diversification institutionnelle : pour faire de la diversification institutionnelle, il suffit que vous ayez votre patrimoine dans au moins 2 organismes financiers différents, 2 gestionnaires de fonds, 2 banques, 2 compagnies d’assurance, 2 courtiers en Bourse, etc.